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Première partie · Deuxième section · n° 185 à 1065

La profession de la foi chrétienne – Les symboles de la foi§

Dans cette page

Le Credo§

Symbole des Apôtres (DS 30) Credo de Nicée-Constantinople (DS 150)
Je crois en Dieu, Je crois en un seul Dieu,
le Père Tout-Puissant, le Père Tout-Puissant,
Créateur du ciel et de la terre. Créateur du ciel et de la terre
de l’univers visible et invisible.
Et en Jésus-Christ, son Fils unique Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ
Notre Seigneur, le Fils unique de Dieu,
né du Père avant tous les siècles
Il est Dieu, né de Dieu,
Lumière, né de la Lumière,
Vrai Dieu, né du vrai Dieu,
engendré, non pas créé,
de même nature que le Père,
et par Lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
Il descendit du ciel ;
qui a été conçu du Saint-Esprit, par l’Esprit Saint,
est né de la Vierge Marie, Il a pris chair de la Vierge Marie,
et S’est fait homme.
a souffert sous Ponce Pilate, Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
et a été enseveli,
est descendu aux enfers.
Le troisième jour est ressuscité des morts, Il ressuscita le troisième jour,
conformément aux Écritures,
est monté aux cieux, et Il monta au ciel ;
est assis à la droite de Dieu le Père Il est assis à la droite du Père.
Tout-Puissant,
d’où Il viendra juger les vivants et les morts. Il reviendra dans la gloire,
pour juger les vivants et les morts ;
et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint, Je crois en l’Esprit Saint,
qui est Seigneur et qui donne la vie ;
Il procède du Père et du Fils ;
Avec le Père et le Fils,
Il reçoit même adoration et même gloire ;
Il a parlé par les prophètes.
à la sainte Église catholique, Je crois en l’Église,
à la communion des saints, une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême
à la rémission des péchés, pour le pardon des péchés.
à la résurrection de la chair, J’attends la résurrection des morts,
à la vie éternelle, et la vie du monde à venir.
Amen. Amen.

185 Qui dit « Je crois », dit « J’adhère à ce que nous croyons ». La communion dans la foi a besoin d’un langage commun de la foi, normatif pour tous et unissant dans la même confession de foi.

186 Dès l’origine, l’Église apostolique a exprimé et transmis sa propre foi en des formules brèves et normatives pour tous (cf. Rm 10, 9 ; 1 Co 15, 3-5 ; etc.). Mais très tôt déjà, l’Église a aussi voulu recueillir l’essentiel de sa foi en des résumés organiques et articulés, destinés surtout aux candidats au Baptême :

Cette synthèse de la foi n’a pas été faite selon les opinions humaines ; mais de toute l’Écriture a été recueilli ce qu’il y a de plus important, pour donner au complet l’unique enseignement de la foi. Et comme la semence de sénevé contient dans une toute petite graine un grand nombre de branches, de même ce résumé de la foi renferme-t-il en quelques paroles toute la connaissance de la vraie piété contenue dans l’Ancien et le Nouveau Testament (S. Cyrille de Jérusalem, catecheses illuminandorum 5, 12 : PG 33, 521-524).

187 On appelle ces synthèses de la foi « professions de foi » puisqu’elles résument la foi que professent les chrétiens. On les appelle « Credo » en raison de ce qui en est normalement la première parole : « Je crois ». On les appelle également « Symboles de la foi ».

188 Le mot grec symbolon signifiait la moitié d’un objet brisé (par exemple un sceau) que l’on présentait comme un signe de reconnaissance. Les parties brisées étaient mises ensemble pour vérifier l’identité du porteur. Le « symbole de la foi » est donc un signe de reconnaissance et de communion entre les croyants. Symbolon signifie ensuite recueil, collection ou sommaire. Le « symbole de la foi » est le recueil des principales vérités de la foi. D’où le fait qu’il sert de point de référence premier et fondamental de la catéchèse.

189 La première « profession de foi » se fait lors du Baptême. Le « symbole de la foi » est d’abord le symbole baptismal. Puisque le Baptême est donné « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19), les vérités de foi professées lors du Baptême sont articulées selon leur référence aux trois personnes de la Sainte Trinité.

190 Le Symbole est donc divisé en trois parties : « d’abord il est question de la première Personne divine et de l’œuvre admirable de la création ; ensuite, de la seconde Personne divine et du mystère de la Rédemption des hommes ; enfin de la troisième Personne divine, source et principe de notre sanctification » (Catech. R. 1, 1, 3). Ce sont là « les trois chapitres de notre sceau (baptismal) » (S. Irénée, demonstratio apostolica 100).

191 « Ces trois parties sont distinctes quoique liées entre elles. D’après une comparaison souvent employée par les Pères, nous les appelons articles. De même, en effet, que dans nos membres, il y a certaines articulations qui les distinguent et les séparent, de même, dans cette profession de foi, on a donné avec justesse et raison le nom d’articles aux vérités que nous devons croire en particulier et d’une manière distincte » (Catech. R. 1, 1, 4). Selon une antique tradition, attestée déjà par S. Ambroise, on a aussi coutume de compter douze articles du Credo, symbolisant par le nombre des apôtres l’ensemble de la foi apostolique (cf. explanatio symboli. 8 : PL 17, 1158D).

192 Nombreux ont été, tout au long des siècles, en réponse aux besoins des différentes époques, les professions ou symboles de la foi : les symboles des différentes Églises apostoliques et anciennes (cf. DS 1-64), le Symbole « Quicumque », dit de S. Athanase (cf. DS 75-76), les professions de foi de certains Conciles (Tolède : DS 525-541 ; Latran : DS 800-802 ; Lyon : DS 851-861 ; Trente : DS 1862-1870) ou de certains papes, tels la « Fides Damasi » (cf. DS 71-72) ou le « Credo du Peuple de Dieu » [SPF] de Paul VI (1968).

193 Aucun des symboles des différentes étapes de la vie de l’Église ne peut être considéré comme dépassé et inutile. Ils nous aident à atteindre et à approfondir aujourd’hui la foi de toujours à travers les divers résumés qui en ont été faits.

Parmi tous les symboles de la foi, deux tiennent une place toute particulière dans la vie de l’Église :

194 Le Symbole des apôtres, appelé ainsi parce qu’il est considéré à juste titre comme le résumé fidèle de la foi des apôtres. Il est l’ancien symbole baptismal de l’Église de Rome. Sa grande autorité lui vient de ce fait : « Il est le symbole que garde l’Église romaine, celle où a siégé Pierre, le premier des apôtres, et où il a apporté la sentence commune » (S. Ambroise, explanatio symboli 7 : PL 17, 1158D).

195 Le Symbole dit de Nicée-Constantinople tient sa grande autorité du fait qu’il est issu des deux premiers Conciles œcuméniques (325 et 381). Il demeure commun, aujourd’hui encore, à toutes les grandes Églises de l’Orient et de l’Occident.

196 Notre exposé de la foi suivra le Symbole des apôtres qui constitue, pour ainsi dire, « le plus ancien catéchisme romain ». L’exposé sera cependant complété par des références constantes au Symbole de Nicée-Constantinople, souvent plus explicite et plus détaillé.

197 Comme au jour de notre Baptême, lorsque toute notre vie a été confiée « à la règle de doctrine » (Rm 6, 17), accueillons le Symbole de notre foi qui donne la vie. Réciter avec foi le Credo, c’est entrer en communion avec Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, c’est entrer aussi en communion avec l’Église toute entière qui nous transmet la foi et au sein de laquelle nous croyons :

Ce Symbole est le sceau spirituel, il est la méditation de notre cœur et la garde toujours présente, il est, à coup sûr, le trésor de notre âme (S. Ambroise, explanatio symboli 1 : PL 17, 1155C).